S’il fallait n’en retenir qu’un, ce serait ce conseil : ne pas sous-estimer la charge de travail en maraîchage. Un des meilleurs moyens de rater sa première année est de se laisser déborder par un travail qui augmente au fil des semaines. Il y a de plus en plus de choses à faire, et cette augmentation s’accélère jusqu’en juillet.
Du début de saison à avril-mai : le travail s’accumule
Le début de saison est lent et les cultures poussent doucement. C’est la période des semis et des plantations sous serre. Les adventices sont encore peu présentes et le travail d’entretien ne nécessite pas beaucoup d’heures.
Il s’agit surtout de semer et planter les légumes de printemps : salades, fenouils, choux, fèves, épinards, mesclun, radis et légumes bottes en primeur. Il faut aussi s’occuper des semis de plants chauds : tomates, aubergines, concombres, courgettes, etc.
Dès avril-mai, l’entretien des cultures commence à accaparer davantage de temps. En même temps, les plantations et les semis de légumes pour la fin du printemps, l’été et l’automne-hiver se poursuivent.
De mi-mai à mi-juillet : anticiper le pic de charge de travail
De mi-mai à mi-juillet, c’est la période la plus intense. Il faut être sur tous les fronts : semis, plantation, entretien, irrigation, protection, récolte et livraison.
Les cultures s’enchaînent très rapidement. Les premiers ravageurs et les premières maladies apparaissent sur les cultures longues. Le suivi de l’irrigation demande de plus en plus de disponibilité, les adventices poussent vite et les récoltes des légumes d’été — haricots, courgettes, concombres et tomates, par exemple — demandent beaucoup de temps.
C’est une période critique, un cap difficile à passer pour les maraîchers diversifiés, avec un risque d’épuisement. Qui dit charge de travail intense dit anticipation de la disponibilité de la main-d’œuvre. C’est pour cette époque qu’il faut prévoir de l’aide supplémentaire afin de pouvoir gérer les différents chantiers de front.
De mi-juillet à mi-août : préparer la suite de la saison
La bascule s’opère entre la mi-juillet et la mi-août. Une fois les plantations des légumes d’automne-hiver effectuées, notamment les poireaux et les radis noirs, un nouveau cycle de plantation en plein champ reprend à partir de la mi-août avec les verdures d’automne, puis sous serre pour l’hiver.
Dans cette deuxième période de la saison maraîchère arrivent les grosses récoltes de légumes de garde : d’abord les oignons, puis les pommes de terre et les courges. Vers octobre suivent les autres légumes de garde, comme les carottes, les céleris-raves, les betteraves rouges et les choux.
De l’été à l’automne : récolter et replanter en même temps
La transition entre l’été et l’automne reste une période très soutenue qu’il ne faut pas sous-estimer. La végétation pousse moins vite, mais la charge de travail reste importante.
Il faut organiser les chantiers de récolte pour la conservation longue durée, tout en poursuivant les semis et les plantations. Les cultures d’été laissent progressivement leur place aux verdures d’hiver : épinard, mâche, roquette, etc.
À savoir : s’entourer et planifier dès la première année
La charge de travail en maraîchage bio diversifié est importante tout au long de l’année. Les pics d’activité doivent être anticipés dès la première année, pour limiter la lassitude et le risque de burn-out qui peuvent mettre l’entreprise en difficulté.
Savoir s’entourer, déléguer et se faire un réseau (fiche n° 2), mais aussi planifier sa saison à l’avance (fiche n° 4), sont des atouts pour réussir sa première année d’installation en maraîchage diversifié sur petite surface.
Bonne culture !
Retrouvez les autres fiches et les ressources d’installation dans la rubrique Démarrer en maraîchage.



